Qu'est-ce qu'un rite ?

Un Rite est une structure initiatique très précise, ciselée au cours des siècles par de sages initiés et qui a pour but d’aider le maçon à se développer sur tous les plans, moral, éthique, social, mais surtout spirituel.

Atteindre ce que les Grecs appelaient avec Socrate et Platon « l’état de sagesse », ce que les chrétiens appellent « l’illumination », ce que les Japonais appellent « le Satori », ce que les Hindous appellent « la Réalisation spirituelle », tel est le but premier et fondamental de toute Maçonnerie, même si certains ont tendance à oublier – ou oublient carrément ce dernier point, confondant « religion » et « spiritualité », ou confondant « cléricalisme » et « religion ».

Tous les francs-maçons cependant, étant fondamentalement des hommes libres et tolérants, se considèrent comme des frères et acceptent que chacun cultive ses propres convictions et suive son propre chemin spirituel. Les francs-maçons sont, par essence, opposés à tout dogmatisme, quel qu’il soit.

On comprendra que nous ne puissions pas, dans cet exposé, entrer dans les détails initiatiques. Nous nous bornerons donc à un exposé de la substance de chaque rite, en en citant les principaux :


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D’essence Chrétienne, il se réclame d’un idéal Chevaleresque, faisant notamment référence à la droiture et au sens du devoir. Les grades qui en marquent la progression se trouvent parfois réunis sous l’intitulé général de Régime Ecossais Rectifié. Soulignons avant tout que notre Grande Loge lors de sa naissance pratiquait exclusivement le Rite Ecossais Rectifié dans ses trois premiers grades d’Apprenti de Compagnon et de Maître.

Les Rituels utilisés étaient et sont ceux déposés à la bibliothèque nationale de Paris sous les références FM 4/514 à FM 4/532 La GLTSO s’enorgueillit aujourd’hui d’être la gardienne inébranlable des valeurs fondamentales de ce rite dans sa progression, son éthique et son authenticité.

Certains voient dans ce Rite des noumènes d’un dogme lorsque nous attestons son caractère chrétien. Il est vrai que cette essence chrétienne, latente au moment de l’initiation, s’accentue, s’affirme et éclate au fur à mesure que nous progressons sur le chemin initiatique. Toutefois, ce christianisme, propre à la Franc-Maçonnerie, ne doit pas se confondre avec un christianisme dogmatique né de l’esprit des hommes. Il s’attache beaucoup plus à une tradition culturelle de civilisation occidentale qu’à une référence confessionnelle.

Il ne peut et ne doit donc pas être ce rigorisme afférent à l’attachement aveugle aux règles morales austères qualifiées de religieuses qui ont donné, et donnent encore aujourd’hui naissance aux guerres de religion les plus aberrantes et les plus meurtrières sous prétexte d’orthodoxie. Il nous invite, au contraire, comme cela est dit dans nos rituels à la pratique de l’amour du beau et du bon. Amour qui ne veut reconnaître ni race, ni ethnie, ni continent. Amour ignorant les confessions. Amour cosmique dont nous entretient Dante dans sa vision paradisiaque. Amour qui est la quintessence des enseignements décrits à plusieurs reprises dans les Livres de la Loi Sacrée de toutes les religions ; Amour du prochain qui est le plein accomplissement de cette Loi et qui joint à la bienfaisance nous prémunira contre l’indifférence aliénante et destructrice. Amour dont la pratique fera de nous des adeptes de la loi royale et rendra nos actes justes et parfaits.
Notre Franc-Maçonnerie est un Ordre initiatique parmi d’autres à la recherche de la Vérité Universelle par des voies qui lui sont propres et qui passent toutes par l’amélioration et l’élévation de l’esprit de l’homme dont elle assume la charge. Cependant notre appartenance à la Franc-Maçonnerie n’exige nullement de nous un renoncement quelconque à notre croyance intime que nous pouvons professer hors du Temple, mais nos concepts même de justice, de tempérance, de prudence, de tolérance, nous interdisent d’exiger de chacun l’acceptation de nos propres convictions sous peine d’exclusion de même qu’elles nous ordonnent le respect de leurs sentiments particuliers.
Avec le Frère DITFURTH, présent et intervenant au Convent de WILHELMSBAD, nous pouvons dire : « Je suis persuadé que la Religion Chrétienne est le vrai fondement de la Maçonnerie, mais je suis également persuadé que l’Instituteur divin de cette vraie Religion n’a bâti son Système que sur l’amour fraternel et l’indulgence » (Acte 106 de l’annexe du Protocole du Convent de WILHELMSBAD).

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Contrairement à une erreur répandue, le Rite Emulation n’a jamais été le Rite officiel de la Grande Loge Unie d’Angleterre, mais l’un des Rites parmi de nombreux autres pratiqués par elle. Pour des raisons dont l’explication approfondie appartient aux sociologues, l’un des traits caractéristiques des sociétés « fermées » était, avant l’apparition de la lettre imprimée, l’interdiction absolue d’écrire.

Pour les Maçons opératifs, toute allusion écrite ou dessinée aux Secrets du Métier eût été une sorte de violation du secret professionnel. es Secrets touchaient soit aux techniques de l’art de bâtir soit aux modes de reconnaissances réservés aux seuls ouvriers qualifiés. Le secret professionnel, dans sa conception archaïque se trouve ainsi sacralisé, d’où la criminalité particulière de sa violation et la gravité des sanctions comminées. Les plus anciens rituels ne sont pas parvenus jusqu’à nous en raison de cette malédiction contre tout graphisme, que la Franc-Maçonnerie conserva même lorsqu’elle se fit spéculative, l’aggravant même par l’adjonction de supplices symboliques que l’on connaît, et qui, en dépit de leur apparence archaïque, ne remontent pas jusqu’aux Opératifs. Ni les Old Charges ni les Constitutions d’Anderson ne décrivent les Rites d’Initiation, dont la transmission de génération en génération demeurait religieusement orale.

En 1730 se produisit un retentissant scandale. Un nommé Prichard divulgua les rituels. Sa trahison devait s’avérer bénéfique pour les historiens qui, aujourd’hui, savent grâce à lui ce qu’étaient nos Cérémonies les plus anciennes ! De son temps, il devint vite la providence des Vénérables paresseux ou à la mémoire rétive, qui trouvèrent infiniment plus facile d’apprendre par cœur le Rituel dans un texte écrit. La malédiction antique n’en survécut pas moins, et survit encore de nos jours dans la longue formule de l’Obligation du Rite Emulation et sa longue énumération de tous les moyens imaginables d’écrire, buriner, sculpter, marquer, graver, etc. L’Ordre s’est départi depuis longtemps de ces interdictions d’un autre âge. Il autorise même l’impression des rituels.

Les constituants de l’ACT OF UNION de 1813 s’étaient heurtés à une difficulté : comment concilier deux exigences, à savoir celle de l’oralité, encore en vigueur au moins théoriquement, et celle de préserver la fixité du Rituel, de le mettre à l’abri des inévitables variantes locales et autres déformations ? La difficulté fut résolue par la fondation de l’Emulation Lodge of Improvement en 1823, laquelle demeure de nos jours le conservatoire de la pureté du Rituel est la première Loge d’Instruction.

L’Emulation Lodge of Improvement a pu de bon droit affirmer depuis sa fondation qu’elle n’avait pas altéré une virgule du texte de la Loge of Reconciliation dont l’œuvre avait été l’Act of Union. La recherche historique a permis depuis lors de reconstituer dans leur ensemble ce qu’avaient été les Cérémonies au XVIIIème siècle, tant celles en usage chez les Anciens que celles en usage chez les Modernes. On aboutit à une double constatation : Celle du nombre important de superpositions rituéliques sur le fond d’origine. C’est ainsi que naquirent les divers « Rites ». En Grande Bretagne, le phénomène devait se produire jusqu’en plein XIXème siècle. Ainsi naquirent les Rites de Bristol, Logic, Stability et d’autres encore. Sur le continent, ces adjonctions furent beaucoup plus importantes. Par exemple, le Rite Ecossais Rectifié devait imprimer au Rituel sa marque chevaleresque et chrétienne et le Rite Ecossais Ancien et Accepté celle, capitale, de l’Hermétisme.

Le Rituel d’origine n’en devait pas moins survivre dans une relative pureté, dont la pierre de touche demeurait le symbolisme opératif, c’est-à-dire tiré de l’art de bâtir. L’étude comparée des Rituels montre que le Rite Emulation est demeuré incontestablement le plus « pur », c’est-à-dire le plus fidèle au rituel d’origine. L’esprit du rite.
Le caractère essentiel du Rite demeure l’oralité : les Cérémonies doivent, sans tricherie, être pratiquées par cœur. Toutefois le motif de cette exigence a changé. Il n’y a plus lieu, à notre époque du Rituel imprimé, d’invoquer une explication adaptée à une mentalité médiévale, et cela en dépit même de la survivance de la formule vénérable comme anachronique de l’Obligation. Pour le Franc-Maçon moderne du Rite Emulation, la nécessité de pratiquer le Rituel de mémoire se justifie par une raison psychologique autant que morale : plus un Maçon assimile son Rituel, plus il le découvre, et plus il le découvre, plus il s’initie. C’est en ce sens que doit se comprendre la fin de l’exhortation finale qui lui est adressée après l’initiation l’invitant à « graver d’une manière indélébile dans son cœur » les enseignements de l’Ordre.
Une Cérémonie du Rite Emulation s’apparente à un office. Les personnages sont censés dialoguer et ce dialogue est fictivement spontané. Ainsi s’explique encore l’interdiction de lire, ainsi que celle du tutoiement en Loge. L’idée maîtresse est celle de l’harmonie en Loge. Cette dernière postule un cérémonial strict, comme elle explique l’interdiction des discussions en Loge ouverte et des interruptions. Nul ne doit prendre la parole sans l’avoir obtenue, en prenant la posture appropriée, du Vénérable Maître. C’est également cet idéal de l’harmonie de la Loge qui relègue dans les coulisses tout ce qui s’apparente à la discussion. C’est en comité que les problèmes se résolvent, non dans l’ambiance religieuse d’une Tenue. C’est pour le même motif que, lors de l’élection du Vénérable, les jeux doivent en principe être faits et une candidature unique être posée. Deux candidatures ou davantage ne seraient pas illicites mais l’harmonie de la Loge, donc l’esprit du Rite, s’en trouverait affaiblie.

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En 1717 se forme la Grande Loge de Londres. En son sein, dans la décennie 1720, se met en place à partir d’un vieux fonds rituel de la maçonnerie opérative écossaise, enrichi d’éléments anglais, un système en trois grades connu par la publication en 1730 de la Masonry Dissected de Samuel Prichard. La franc-maçonnerie qui s’implante en France vers 1725, dans le sillage d’exilés politico-religieux britanniques, est issue de la Grande Loge de Londres.

Le rite traduit en français est pratiqué par la quasi-totalité des loges qui se créent dans le royaume et ne semble pas avoir de nom. L’apparition d’autres systèmes maçonniques, dits presque toujours « écossais », la volonté du Grand Orient de France d’organiser et de contrôler la franc-maçonnerie française, et le désir de nombreuses loges d’avoir une version universelle des rituels, provoquent la fixation d’un rite qualifié en 1785-1786 de « Français ». Au sein du Grand Orient, pour les grades bleus, dans la 4ème chambre dite Chambre des Grades, créée en 1782, et au sein du Grand Chapitre Général de France, quelques frères, notamment Alexandre-Louis Roëttiers de Montaleau, ont mené à bien ce travail.

En 1785, le modèle français est à peu près fixé. En 1786 le Grand Orient propose un texte de référence pour les trois grades bleus, diffusé sous la forme de copies manuscrites. L’ensemble est désigné sous le nom de Rite Français. Les trois premiers sont d’origine anglaise. L’objectif est en fait de se distinguer des divers systèmes dits écossais, souvent élaborés ou synthétisés en France, mais qui viennent rarement en droite ligne d’Écosse. La Révolution passée, en 1801, le Grand Orient le fixe en le faisant imprimer dans le Régulateur. On notera qu’au début du siècle, ledit Régulateur du maçon (1801) inspiré du Rite des Modernes, et le Guide des maçons écossais (1803), en partie inspiré du Rite des Anciens, texte de référence du Rite Écossais Ancien et Accepté, divergent plus sur la forme que sur l’esprit. Pourtant la concurrence de ces deux rites conduit à un effet de nomination.

Le terme de Rite Français va ensuite s’imposer dans le dernier tiers du XIX » siècle. Quoi qu’il en soit, durant tout le XIXème siècle, la différenciation entre Régime Français et écossisme va aller croissant.

En 1858, une nouvelle rédaction du Rite Français dit Murat, est publiée « idéologiquement », le texte n’est guère différent de celui du Régulateur. Le nouveau modèle continue de définir la maçonnerie de manière « classique », dans la tradition andersonienne. On reste dans l’héritage de la philosophie des Lumières, et dans un spiritualisme assez fade et assez flou pour ne pas trop gêner les consciences. Notons cependant que ce premier toilettage se fait dans une obédience qui, depuis l’amendement Charles Duez adopté le 13 avril 1849, précise que la franc-maçonnerie « a pour base l’existence de Dieu et l’immortalité de l’âme ».

L’après-Convent de 1877 conduit à des retouches plus hardies. En 1879, le Grand Collège des Rites, chargé par le Conseil de l’Ordre du Grand Orient, fait disparaître des rituels les formules trop ouvertement religieuses, comme la référence au Grand Architecte de l’Univers, les devoirs envers Dieu au 1°, l’explication métaphysique de la lettre G au 2° et l’invocation à Dieu du signe d’horreur au grade de maître. En 1886, une commission de 12 membres, présidée par l’avocat Louis Amiable (1837-1897), procède à une nouvelle révision adoptée en Conseil de l’Ordre les 15-16 avril. Le nouveau rituel français, qui prendra le nom de son principal rédacteur, est accompagné d’un « rapport sur les nouveaux rituels pour les loges » rédigé par Amiable lui-même. Ce codicille explique que le nouveau texte, se réfère grandement au positivisme. Sa philosophie générale est la « neutralité entre les diverses croyances et le fait que « les données, certaines fournies par l’état actuel de la science devaient être par nous mises à profit ». Daniel LIGOU a présenté les violentes critiques adressées au rituel Amiable par Oswald WIRTH. Un rapport d’Amiable, adopté par le Grand Collège des Rites et transmis par le Conseil de l’Ordre du Grand Orient à toutes les loges en mars 1896, clôt provisoirement le débat.

Durant ce demi-siècle, le rituel Amiable, quelque peu modifié en 1907 sous l’autorité du Grand Commandeur Jean-Baptiste Blatin, restera en l’état jusqu’en 1938, date où, sur l’initiative d’Arthur Groussier, alors Grand Maître du Grand Orient pour la 9ème fois, un nouveau modèle du Rite Français est adopté. La nouvelle version est une tentative de retour aux sources symboliques du système français, et non une nouvelle mouture encore plus ultra positiviste.

En 1955, la version définitive du rituel Groussier, légèrement aménagée dans la forme sous l’autorité de Paul Chevalier est imprimée et diffusée. Malgré quelques apports et quelques ajouts opérés par un certain nombre de loges, le rituel Groussier est toujours en vigueur.
Dans le long travail de reconstruction des obédiences dans l’après-guerre, des maçons érudits et/ou versés dans les recherches initiatiques ou symboliques souhaitent retrouver ou revivifier les potentialités de la tradition maçonnique française du XVlIIème siècle.
Ainsi, au sein du Grand Orient de France, des maçons regrettent que les frères attirés par le symbolisme et le respect des pratiques rituelles quittent le Rite Français pour l’écossisme. Ce petit groupe pense que l’on peut concilier option symbolique et rigueur rituelle au sein du Régime Français. Ses membres auraient pu utiliser le modèle imprimé du Régulateur (1801). Ils préfèrent essayer de reconstituer à partir de ce dernier, mais en y incluant des ajouts tirés de divers documents du XVlIlème siècle, un rituel proche de celui qui est pratiqué dans la franc-maçonnerie française adolescente. Ainsi naît le Rite Français Rétabli, puisqu’il s’inscrit dans la tradition de la Grande Loge Anglaise, car il est fidèle à la version implantée en France et traduite en français « Rétabli », pour affirmer que le texte est le résultat d’un travail de reconstruction, de recomposition et de restitutions historiques, symboliques et philologiques.

Quelques frères de la rue Cadet, fondateurs ou affiliés à la Grande Loge Nationale Française Opéra devenue Grande Loge Traditionnelle et Symbolique Opéra apportent en 1958, le Rétabli à la nouvelle obédience.
Concernant la Grande Loge Traditionnelle et Symbolique Opéra (GLTSO) et plus particulièrement les Loges qui travaillent au RITE FRANCAIS TRADITIONNEL, le choix a été fait de s’appuyer sur les textes les plus anciens connus, c’est-à-dire entre 1735 et 1785.

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Ecossais, le mot évoque un système maçonnique différent du système Anglais, il apparaît semble-t-il en France à la fin du 17ème siècle, dans le milieu des stuartistes réfugiés à St Germain en Laye. Le terme Ecossais a également été relié à l’Ecossisme, système de Hauts Grades apparu vers 1740. Ancien, est une référence à la Grande Loge des Anciens, fondée après la Grande Loge Moderne de Londres, mais avec une spécificité traditionnelle, éprise de rigueur. Accepté, se rapporte au fait que dans les Loges Symboliques des membres n’appartenant pas au Métier, pouvaient être acceptés. Ce qui a sûrement favorisé l’essor des Hauts Grades de l’Ecossisme.

Des Principes : – Issu d’une tradition maçonnique initiatique et spiritualiste, le Rite Ecossais Ancien et Accepté propose des travaux à la Gloire du Grand Architecte de l’Univers. Il s’est inspiré des Grandes Constitutions de 1762 et 1786 et a été constitué en 1801 lors de la création du 1er Suprême conseil du Rite à Charleston. – Sa devise « Ordo ab Chao » entend faire de ses adeptes des défenseurs de la tradition et du bien être de l’humanité. – Le R.E.A.A. n’impose aucune limite à la recherche de la vérité et c’est pour garantir à chacun cette liberté qu’il impose à tous la tolérance. – Le R.E.A.A. ne s’immisce dans aucune controverse d’ordre politique ou confessionnel, il invite ses membres à lutter contre l’ignorance, la superstition, le fanatisme et à agir pour la paix, la liberté et le respect d’autrui. – Le R.E.A.A. est une école mutuelle qui s’emploie : – A promouvoir l’amour du prochain, les droits et la dignité humaine afin de contribuer au perfectionnement de la société. – A réaliser et à défendre la liberté de pensée et de croyances dans le cadre de la loi morale. – Le R.E.A.A. est ouvert aux Frères de la G.L.T.S.O. quelles que soient : leur nationalité, leurs opinions démocratiques ou leur croyance. – Tous les adeptes du. R.E.A.A. s’engagent à observer les principes de la constitution établie à Lausanne en septembre 1875.

 Des Sources :

De nombreux courants de la pensée traditionnelle ont participé à la structuration du Rite, on peut notamment évoquer les traditions : Hermétique, Orphique, Pythagoricienne, Hébraïque, Chrétienne, Alchimique, Compagnonnique, Chevaleresque, Universelles…

 Une Organisation :

La méthode Ecossaise est basée sur une conception traditionnelle de l’homme qui suppose : Corps, Ame et Esprit et les voies de réalisation correspondantes : Connaissance, Amour et Action. La démarche initiatique écossaise propose une progression lente et structurée vers la connaissance en trente trois degrés. Cette progression requiert un perfectionnement des différents états de l’être. Elle n’est jamais dogmatique et il a appartient à chacun de réaliser sa propre voie spirituelle en toute liberté de conscience. Le Rite Ecossais Ancien et Accepté propose à ses adeptes, dans le cadre Obédientiel d’abord, un accès à l’ésotérisme des trois premiers degrés symboliques. Par ailleurs, pour les Frères maîtres ayant une certaine ancienneté, une Juridiction de Hauts Grades qui succèdent à ces degrés symboliques permet d’offrir un approfondissement de l’ésotérisme des trois premiers grades selon un programme de travail qui se réparti en différentes classes. – La Loge de Perfection, du 4ème au 14ème degré. – Le Chapitre, du 15ème au 18ème degré. – L’Aréopage du 19ème au 30ème degré. – Le Tribunal du 31ème degré. – Le Consistoire du 32ème degré. – Le Conseil Suprême du 33ème degré.

Cette Juridiction est sous la direction d’un Collège de Souverains Grands Inspecteurs Généraux présidé par un Souverain Grand Commandeur du Rite.

Tous les travaux placés sous cette autorité son axés sur le perfectionnement constant et personnel de l’initié et n’autorisent pas d’intervention au nom de l’Ecossisme dans le monde profane.

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Le Rite Standard d’Ecosse est le rite que pratiquent actuellement les Francs-Maçons d’Ecosse. Pratiqué au niveau mondial sur presque tous les continents (300 000 Fr:. dans le monde dont 150 000 en Ecosse), il est de la famille des rites Anglo-saxons, au même titre que le rite Emulation représente le rite pratiqué par les Anglais.

Sa grande particularité est d’avoir gardé une continuité traditionnelle, culturelle et géographique depuis ses origines. Celles-ci sont bien antérieures à la naissance de la Franc-maçonnerie officielle de 1717 à Londres. Cette Franc Maçonnerie d’Ecosse provient, pour ce qui est des sources historiques connues, des Statuts Shaw de 1598 et de 1599 et dont l’antériorité nous fait remonter à Kilwinning, la Loge Mère de toutes les Loges (n°0, number « nothing ») comme le disent les Anglais.

La maçonnerie opérative et la franc-maçonnerie naissante d’Ecosse ont donc influencé la naissance puis le déploiement de la Franc-maçonnerie du XVIIème au XIXème siècle. Autour de ce rite, résonne un très fort parfum de culture écossaise, dont l’atmosphère générale n’a d’égal que la profondeur des mythes qui entourent le lien entre la Franc-maçonnerie et l’Ecosse. Le Standard (ainsi le nomme-t-on entre maçons) est un rite de joie et de convivialité, plaçant l’accueil des visiteurs comme une cérémonie en elle-même. Mais la rigueur est exigée par une rituélie s’appuyant sur le « Par Cœur », le tout devant à un deuxième niveau de perception, faire ressortir au niveau de la forme, cette convivialité fraternelle autour du rite.

D’un point de vue spirituel, la forme est théiste, le fond est déiste. Le Grand Architecte se décline sous le vocable « Dieu » mais n’impose pas une religion particulière, même si dans la dimension mythique de l’enseignement, les références sont issues pour une grande partie de l’Ancien Testament. Le rapport du maçon « écossais » à Dieu doit être positiviste. Vis à vis de Dieu, on peut douter, mais on doit espérer « …progresser sur les voies de la F:. M:, avec l’aide de Dieu… ». Cette terminologie est souvent mal comprise par les cultures « continentales » modernes. En effet, l’Ecosse, l’Angleterre et surtout la France, ont eu des mutations sociétales différentes, complexes et parfois douloureuses dans leurs rapports à la religion d’Etat. Le Standard déploie pleinement la symbolique maçonnique « sous le voile de l’allégorie ». Par cette approche plus synthétique qu’analytique des symboles, on comprendra aisément par analogie que la mise en mouvement permanente de la symbolique, place l’allégorie en rapport avec les symboles comme la musique peut l’être avec les nombres. Tout ceci abonde aussi dans le sens déjà acquis que le Standard n’est pas intellectualisant et qu’il est surtout très difficilement intellectualisable.

La Fraternité, la Convivialité sont les éléments dominant de l’esprit du Standard. Arrivé confidentiellement en France en 1986, il fait partie depuis 2004 des rites pratiqués par la GLTSO. Ce n’est pas par fausse modestie que certains disent « Rite Standard » et non « Rite Standard d’Ecosse ». Premièrement le poids des mythes et très lourd et dépasse le cadre de notre périmètre d’investigation de maçon spéculatif. Deuxièmement, le mot Ecosse a plusieurs sens en maçonnerie. Chez nous il réfère dans le nom de notre rite, de l’Ecosse en tant que pays physique, rien de plus, pour ne pas se confondre avec le mot « Ecossais » qui bien souvent dans l’appellation d’un rite représente le terme « Ecossisme » qui concerne une influence autre de l’Ecosse sur la France. Sur le fond, la Fraternité, la Charité et la Vérité sont les trois grands principes qui guident le rite. Sur la forme, la loge est une sorte de théâtre initiatique, qui apporte la lumière par le voile de l’allégorie au moyen de symboles, le tout dans la joie et la convivialité. Sur fond de « Slow march » écossaise et dans une ferveur quasi religieuse, le Standard est un rite cardiaque ! Le cœur ne peut-il concevoir, avant que l’œil ne soit autorisé à voir ?

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L’origine du Rite d’York est absolument sans rapport avec les Constitutions d’York de 926 sous le règne d’Athelstan et de la Grande Loge d’York appelée « Grande Loge de toute l’Angleterre » qui ne toucha que les comtés d’York, de Cheshire et du Lancashire, n’ayant qu’une faible influence. Elle exista à partir de 1725, et n’eut plus de Grand Maître après 1792 (B.E. Jones).

L’introduction de cette appellation d’York est liée à l’expansion de la Grande Loge des Anciens au XVIIIe siècle et cette référence a été défendue par Laurence Dermott dans le sens d’une origine mythique d’une maçonnerie de pure tradition, adhérente aux plus anciens us et coutumes maçonniques. Si, aux premiers temps de la première Grande Loge de Londres (1717), les premières loges qui se développèrent en Amérique du Nord furent vraisemblablement des Grandes Loges de Rite Moderne, dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, comme au début du XIXe siècle, ce sont essentiellement des loges issues de la Grande Loge des Anciens qui se développèrent outre-mer, les « modernes » restant majoritaires en Angleterre.

Les Irlandais y jouèrent un rôle important, comme par exemple le 46e Régiment d’Infanterie dont les Maçons furent constitués le 4 mars 1752 sous le n° 227 par la Grande Loge d’Irlande. Cette loge fut réputée très active dans l’ensemble de ses déplacements en Amérique du Nord. Par ailleurs, les loges irlandaises (voir les traductions des Trois coups distincts de Gilles Pasquier dans les Cahiers de « Villard de Honnecourt ») de même que la Grande Loge d’Ecosse, pratiquent des rites beaucoup plus proches, si ce n’est analogues à ceux du Rite d’York et donc beaucoup plus lointains des rites de la Grande Loge des « Modernes » et encore différents du Rite Emulation.
Ces loges américaines n’ayant pas été touchées par le traité de l’Union entre la Grande Loge des Anciens et la Grande Loge des Modernes, la pratique qu’ils ont perpétuée ayant gardée toute sa pureté d’origine semble parfaitement conforme à la tradition des « Anciens », sans variante ni modification significatives. On note des identités, par exemple, avec le manuscrit Sloane n° 3329 (« Je cèle, je cache, je garde »). Contrairement à certains systèmes de « hauts grades » qui ont créé leurs rituels des trois premiers degrés pour se soucher sur la structure traditionnelle maçonnique du métier, le Rite d’York se suffit à lui-même, développe son propre message dans ses trois premiers degrés, ses développements ultérieurs restant tout à fait facultatifs bien que complémentaires mais sans caractère impératif.

Nous ferons toutefois une petite restriction en rappelant que selon certaines théories (Mackey), l’Arche Royale aurait fait partie dans le temps du troisième degré. Les loges des Anciens travaillaient au degré de l’Arche Royale si elles étaient en possession de la patente les y autorisant et « passaient » les frères dans la chaire de Vénérable pour les admettre à l’Arche, d’où l’origine de cette pratique. L’Arche Royale était considérée comme partie intégrante du fonctionnement de la loge. Etant donné les origines américaines du Rite Ecossais Ancien et Accepté (Charleston), il est normal que l’on y retrouve à certains moments un message équivalent à celui de l’Arche Royale ainsi qu’au 4ème degré du Rite Ecossais Rectifié, complément du degré de Maître Maçon.

Rappelons que le Guide des Maçons Ecossais (1802), origine des trois premiers degrés du Rite Ecossais Ancien Accepté, pratique un rituel analogue à celui du Rite d’York. Ces rapports entre les « Anciens », les usages des opératifs, l’Arche Royale, auxquels il faudrait rajouter l’influence des Anciennes Confréries attachées aux métiers confirment l’authenticité du Rite d’York ou des Anciens Maçons Francs et Acceptés. Cette authenticité est le garant formel de la qualité de transmission du message maçonnique véhiculé depuis nos origines.